Illustration réalisée par Nadine DE BRUYNE
Illustration réalisée par Nadine DE BRUYNE


L'école est l'affaire de tous. Elle ne concerne pas uniquement les professionnels de l'enseignement et de l'éducation. Elle ne relève pas seulement des conceptions des autorités publiques. C'est un certain consensus sociétal qui a fait l'école d'aujourd'hui, avec ses forces et ses limites, et c'est un nouveau consensus sociétal, en cours d'élaboration, qui construira l'école de demain. La conscience et l'engagement des citoyens disposent de réels leviers quand il s'agit de définir les finalités et les modalités du système scolaire : associations de parents, conseils de participation dans les écoles, groupes de pression, réseaux sociaux et réseaux médiatiques, mouvements militants, programmes politiques, élections, forums, conférences de consensus...

Le présent blog, nourri d'une expérience de plus de quarante ans au service des jeunes en âge d'obligation scolaire, s'adresse à tout citoyen et à tout (futur) professionnel qui s'intéressent au devenir de l'école, se posant des questions sur ses difficultés, ses défis, ses transformations, ses bifurcations possibles, ses utopies. 



Une « transition scolaire » est aujourd'hui nécessaire, pour aller à la rencontre des générations qui viennent et recoudre le tissu social déchiré par les crises financière, économique, sociale, écologique, culturelle. C'est en partant de l'école telle qu'elle se fait au quotidien en ses lieux multiples (les écoles), en prenant en compte les aspirations et les propositions des acteurs de terrain, en construisant un nouveau pacte sociétal pour l'école qu'une telle transition est réalisable. 

L'ouvrage, édité chez MARDAGA, est composé d'un prologue et de trois grandes parties.

  • Réminiscences exprime brièvement un vécu personnel, une expérience professionnelle, un parcours culturel. Ce prologue me permet d'exprimer d'où je viens, d'esquisser le parcours mené, de préciser les influences subies, d'élucider les valeurs au nom desquelles je m'exprime.
  • Débats, la première partie, vise une mise à plat de quelques thématiques parmi les plus saillantes dans les débats contemporains autour des politiques d'éducation et d'enseignement. Il s'agit de confronter des représentations collectives ou individuelles au vécu de l'école et de s'interroger sur la commande sociétale à son égard : quelle école veut-on faire, pour quels types d'hommes et quels contrats sociaux ?
  • Défis, la deuxième partie, envisage les conditions d'une école démocratique, émancipant chaque personne et contribuant au destin collectif. Elle ausculte ce que certains n'hésitent pas à appeler les « maux » ou les « fléaux » de l'école : discriminations persistantes et parcours brisés... Il s'agit de pointer les faiblesses, mais aussi d'identifier les forces du système scolaire en vue d'actions transformatrices.
  • Orientations, la troisième partie, s'intéresse aux énergies qui animent au quotidien l'école d'aujourd'hui et aux dispositifs qui permettent de faire émerger l'école de demain. Il s'agit de reconnaitre des pistes patiemment ouvertes dans les champs éducatif, pédagogique et organisationnel par des acteurs et des partenaires du système scolaire, et d'identifier, le cas échéant, des choix politiques à (p)oser.

Voir l'interview de présentation publié dans La Libre Belgique, édition du samedi 31 août 2019, et sur le site La Libre.be 

https://www.lalibre.be/debats/opinions/il-faut-casser-les-murs-de-l-ecole-5d694a9ef20d.

Chemins d'écoliers

Randonneur, il m'est arrivé un jour, lors d'une excursion en moyenne montagne, de parcourir ce que le topoguide renseignait comme un « chemin des écoliers ». Epousant généralement un balcon ou une déclivité, un tel chemin permettait aux enfants d'un village ou d'un hameau isolés de rejoindre l'école d'un bourg plus important ou d'un chef-lieu de canton.

Je ne pus m'empêcher d'imaginer, avec une réelle émotion, le parcours quotidien de ces enfants, plus ou moins bien équipés, affrontant toutes les variations climatiques, pour fréquenter l'école, cette école qui pour la plupart les arrachait aux tâches domestiques sous le toit familial et les émancipait des travaux les plus rudes. 

Cette expérience m'a inspiré le titre de ce blog : Chemins d'écoles, un double pluriel auquel je tiens beaucoup...

Certes, les missions sociétales, les objectifs éducatifs, les référentiels de connaissances et de compétences, les niveaux de maitrise visés  doivent être unifiés,  au sein d'un service public d'éducation-enseignement, pour assurer l'égalité des acquis des futurs citoyens. Dans cette perspective, on parlera plutôt de l'Ecole, en tant qu'institution émancipatrice. Mais la réalité scolaire est aussi faite de situations contrastées, d'expérimentations diverses, d'acteurs multiples, de chemins de traverse... C'est dans ce sens que je parle ici d'écoles au pluriel et avec une minuscule. 

La notion de coopération est régulièrement mise en avant aujourd'hui, pour compenser les dérives de nos sociétés de l'individualisme, de la compétition, de la performance. Les recherches en biologie, éthologie, sociologie et anthropologie démontrent que, dans le monde du vivant, la coopération favorise la survie, l'adaptation et le développement...